Le 2 juillet 2008 marque le début de ce que
les témoins décrivent comme "une véritable aventure humaine"

Dans un monde marqué par des crises fréquentes (sécuritaires, climatiques, humanitaires, politiques, sanitaires…), le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères se dote d’un outil de réponse aux crises et crée le Centre de Crise et de Soutien (CDCS).

Cette année anniversaire est l’occasion de revenir sur des événements marquants de la décennie illustrant les différents terrains d’action du CDCS et d’aller à la rencontre de celles et ceux qui l’ont construit et l’animent au quotidien. C’est aussi l’opportunité de découvrir les missions d’un service très atypique du Quai d’Orsay dont le travail dépasse largement les périodes de crise elles-mêmes puisqu’il commence bien avant et se termine bien après celles-ci…

D’abord baptisée Centre de Crise, cette direction "hors norme" nait de la fusion de 2 services : le premier en charge de la sécurité des Français de l’étranger, le second de l’action humanitaire.
Le CDCS mobilise et coordonne les moyens du Quai d’Orsay et de ses partenaires, autres ministères et institutions privées, en cas de crise à l’étranger. Ses principales missions sont de venir en aide aux Français en situation de danger, voyageurs ou expatriés, et de soutenir les populations locales à la demande et en lien avec leurs autorités. Des missions qui seront élargies en 2014 à la stabilisation et à l’accompagnement à la sortie de crise. Pour mettre en avant toutes les dimensions de ses missions, son nom devient alors Centre de Crise et de Soutien.

Les missions

Répondre aux catastrophes et aux crises

Le ministère ne découvrait pas la gestion de crise mais a su s'appuyer sur l'existant pour créer une nouvelle dynamique plus structurée, plus organisée, plus coordonnée...

Le Centre de Crise a une feuille de route simple mais ambitieuse : coordonner efficacement la réponse aux catastrophes et aux crises, et faire en sorte d’en minimiser les conséquences. Le CDCS est l’interlocuteur unique auquel chacun (le poste diplomatique local, les familles, les différents services de l’État) peut se référer.

Structure permanente, le Centre de Crise se compose de plusieurs missions et unités :
- la Mission pour l’anticipation et les partenariats est chargée de produire des outils d’analyse pour anticiper les crises et de soutenir l’expertise française sur les théâtres de crises ;
- le Centre de situation assure la veille permanente des événements à l’étranger, analyse les menaces et les risques et planifie la réponse aux crises en lien avec les postes diplomatiques ;
- le Centre des opérations d’urgence coordonne les dispositifs de réponse aux crises : cellule de crise, réponse téléphonique ou encore l’ envoi d’une mission de terrain sur place ;
- l’Unité des affaires individuelles traite le suivi des familles et des proches des victimes de mort violente à l’étranger et de disparitions inquiétantes à l’étranger ;
- la Mission pour l’action humanitaire coordonne la réponse humanitaire d’urgence de l’État et assure les relations avec les différents partenaires (ONG, organisations internationales, fondations notamment).
- la Mission pour la stabilisation, dédiée à la reconstruction de l’État de droit et au soutien à la société civile dans les pays en sortie de crise, complète le dispositif à partir de 2014 donne au CDC son nom actuel de Centre de Crise et de Soutien (CDCS).

Pour remplir son rôle d’urgentiste, le CDCS dispose d’un budget propre, d’une unité de gestion administrative et logistique, capable de mettre en place les conditions logistiques et financières d’une réaction à toute heure du jour et de la nuit.

Accueil aéroportuaire

Les missions

En dehors des périodes de crise

Le travail du Centre de Crise et de Soutien dépasse largement l’action d’urgence. En dehors des périodes de crise, le CDCS mène un travail essentiel sur l’avant et l’après-crise.

La fonction prospective permet d’anticiper l’identification et la gestion des crises les plus probables. Risques politiques, sanitaires, sismiques ou météorologiques, industriels, menaces terroristes sont analysés avec le soutien des directions géographiques du Quai d’Orsay et du réseau des ambassades et consulats. Un travail de longue haleine qui nourrit le processus de décision politique, la définition des stratégies humanitaires et de sécurité. Il permet de planifier également les dispositifs humains et matériels qui seront activés si une crise survient.

La veille est l’autre pierre angulaire indispensable à l’action du CDCS. Jour et nuit les équipes du Centre de Crise et de Soutien se relaient pour exercer une veille à l’échelle mondiale et être en capacité de répondre aux demandes urgentes des compatriotes à l’étranger. Si nécessaire, le Centre de Veille alerte les ambassades et consulats ainsi que les Français concernés afin de mettre en œuvre aussi rapidement que possible les mesures appropriées.

Les missions

Professionnaliser la réponse aux crises

En initiant la création du Centre de Crise et de Soutien, Bernard Kouchner s’appuie sur les compétences du Quai d’Orsay pour professionnaliser la réponse aux crises et limiter au maximum le délai de réaction. Pour le ministre, médecin de formation, ancien secrétaire d’État à l’Action humanitaire, cofondateur de Médecins sans frontières puis fondateur de Médecins du monde, il est temps de changer d’échelle.

Les Affaires étrangères sont déjà rompues à intervenir lors de crises partout sur la planète. A l’époque, en cas d’urgence, deux entités distinctes sont mobilisées : la sous-direction de la sécurité des personnes qui intervient pour les communautés françaises de l’étranger et le service de l’action humanitaire qui secourt les populations locales. Les deux services travaillent côté à côte avec des valeurs communes mais avec des méthodes différentes.

Envoi de fret

Parce que les crises sont de plus en plus fréquentes et complexes, parce qu’elles touchent sans distinction les Français et les populations locales, Bernard Kouchner a la conviction qu’il faut créer, au sein du ministère, une structure dédiée à la gestion globale des crises qu’elles concernent des ressortissants français ou non.

Le ministre s’appuie sur la base de la structure qu’il a créée en 1988 lorsqu’il était secrétaire D’État à l’action humanitaire et confie la mission de préfiguration du futur Centre de crise à Patrick Lachaussée, sous-directeur de la sécurité des personnes. Il le charge d’auditer les modèles étrangers qui font autorité et de réunir les composantes d’un bon centre de crise. L’équipe chargée de mettre en place le CDCS se forme et rassemble des diplomates, des professionnels des questions humanitaires, de la santé et du soutien psychologique, de la coordination interministérielle sans oublier la logistique, la comptabilité et les finances.