Ça a commencé par un tremblement de terre, ça a continué par un raz-de-marée et ça s'est terminé par un accident nucléaire...

Le 11 mars 2011 à 14h46, un séisme se produit au Japon. Avec une magnitude de 9 sur l’échelle de Richter, la secousse est l’une des plus fortes jamais enregistrée. L’onde de choc, exceptionnellement longue (2 à 3 minutes) est ressentie jusqu’à Pékin. Bien que l’épicentre soit situé à plus de 300 km, à Tokyo les immeubles vacillent.

Le tremblement de terre provoque un raz-de-marée qui frappe la côte Est de Honshu, l’île principale du Japon, 51 mn plus tard. Des vagues de près de 40 m de hauteur déferlent jusqu’à 10 km dans les terres, ravageant près de 600 km de côtes et touchant 54 villes et zones portuaires. Si le séisme fait peu de victimes grâce à la bonne préparation de la population et aux constructions parasismiques, plus de dix-huit mille personnes meurent ou disparaissent du fait du tsunami associé.

Séisme et tsunami au Japon

L’accident à Fukushima Daiichi

Aux catastrophes naturelles s’ajoute un accident nucléaire. Lors du séisme, les réacteurs des quatre centrales nucléaires côtières sont automatiquement arrêtés. A la centrale de Fukushima Daiichi, plusieurs défaillances, dont certaines liées au tsunami, causent l’arrêt des systèmes de refroidissement de secours et déclenchent la fusion du cœur d’au moins deux réacteurs nucléaires et d’importants rejets radioactifs. Les réacteurs 1 et 2 sont mis en état d’alerte nucléaire. Le taux de radioactivité détecté dans la salle de contrôle de la centrale est 1 000 fois supérieur à la normale.

Le gouverneur de la préfecture de Fukushima décide de l’évacuation des personnes, d’abord dans un rayon de 3 km autour de la centrale, puis 10 et 20 km. On entreprend des dépressurisations volontaires pour limiter la pression dans l’installation mais cela provoque des rejets radioactifs dans l’atmosphère. Des incendies et des explosions terminent de détruire définitivement la centrale. Entre dépressurisations, explosions et lâchers d’eau pour tenter de refroidir les installations, les rejets sont massifs. Pour les Japonais comme pour les Français résidant au Japon, l’inquiétude est grande. D’une part, on ignore encore si les équipes qui travaillent jour et nuit dans des conditions extrêmement périlleuses parviendront à juguler l’accident. D’autre part, chacun se demande si les vents ne vont pas entraîner les particules radioactives vers le Sud et vers l’agglomération de Tokyo.

Séisme et tsunami au Japon

Aide humanitaire et expertise technique

Dès les premiers jours qui suivent la catastrophe, la France mobilise à la fois du matériel humanitaire à la demande des autorités japonaises, mais également des personnels pour secourir les populations, notamment dans les opérations de déblaiement. Le Centre de Crise coordonne la réponse.
Dans un premier temps, les secouristes français viennent renforcer les équipes japonaises de recherche des corps sous décombres. Dès le 14 mars 2011, 121 personnels français (sécurité civile, personnel militaire, agents du CDCS) arrivent au Japon avec 14 tonnes de matériel humanitaire. Ils sont déployés dans la région de Sendai. Leur travail se concentre sur des opérations de déblaiement à proximité de la ville de Misawa et du village portuaire d’Okuki.
Parallèlement, le Centre de Crise et de Soutien organise, avec l’ambassade, l’évacuation de près de 1000 Français du Japon.