128 millions de personnes à travers le monde ont besoin d'aide humanitaire immédiate

L’action du Centre de Crise et de Soutien dépasse l’aide aux Français en détresse à l’étranger. Parce qu’une crise ne choisit pas ses victimes et que toutes doivent être secourues, le CDCS est structuré autour de la volonté de rassembler tous les types d’aide. Ainsi, en situation de crise, un avion qui achemine des secours d’urgence ou de l’aide humanitaire destinés aux populations locales peut revenir à Paris avec, à son bord, les compatriotes qui doivent être rapatriés.

En parallèle, le Quai d’Orsay engage une réflexion sur l’accompagnement à la « sortie de crise ». Une catastrophe peut affecter les structures d’un pays et toucher jusqu’à l’organisation politique, sanitaire ou économique. Dans ce type de situation, un dispositif doit être capable de relayer l’aide d’urgence et d’accompagner le pays sur le chemin de la reconstruction. C’est le sens de la Mission pour la stabilisation qui, depuis 2014, complète l’action du Centre de Crise.

Face à l’urgence

Organiser la réponse humanitaire

Catastrophes naturelles, crises sanitaires, conflits armés, crises politiques, déplacements de population… La Mission pour l’action humanitaire (MAH) coordonne la réponse humanitaire d’urgence de la France.

Son action est concertée en lien avec d’autres directions du ministère des Affaires étrangères et peut impliquer tous les acteurs français susceptibles d’apporter une réponse adaptée (ministères, ONG, sécurité civile, moyens militaires, fondations). Elle s’inscrit le plus souvent dans le cadre d’une réponse internationale à laquelle prennent part les agences des des Nations unies, les organisations internationales – Croix-Rouge, Croissant-Rouge… – la Direction générale à l’aide humanitaire et à la protection civile de la Commission européenne (ECHO)…

Un évènement survient, l’Etat affecté fait appel à une assistance internationale via des mécanismes européens et/ou onusiens. La Mission pour l’Action humanitaire étudie la demande, ses capacités à pouvoir y répondre, consolide une réponse adaptée le cas échéant et coordonne la réponse de l’Etat.

Par un soutien financier à des projets d’ONG ou de partenaires privés ou par le déploiement de moyens humains et matériels dans le cadre d’actions d’urgence sur le terrain, la MAH peut agir rapidement grâce à l’appui de l’Unité de gestion administrative du Centre de crise et de soutien qui organise les moyens logistiques requis (envoi de fret, mobilisation des moyens de transport, déploiement de crédits d’urgence…). Cette structure propre au Centre de crise et de soutien garantit la rapidité et la flexibilité de la réponse.

Hors les phases d’extrême urgence, la Mission pour l’action humanitaire maintient un dialogue suivi avec les acteurs français de l’Humanitaire et mène avec ces dernières des actions sur le terrain, y compris sur le moyen et le long terme, sur les théâtres de crises durables (Irak, Syrie, Bangladesh, etc…)
En 2017-2018, des projets d’urgence et de moyen terme ont été déployés en Syrie et ses pays frontaliers, en Irak, dans les Balkans occidentaux, les Territoires palestiniens, le bassin du Lac Tchad, la République Centrafricaine, Madagascar, La Dominique ou le Guatemala.

La MAH est également chargée de la diffusion et de l’application de la Stratégie Humanitaire de la République française. Feuille de route de l’action humanitaire française pour cinq ans, la nouvelle stratégie humanitaire adoptée en 2018 s’ordonne autour de trois grands axes : La mise en œuvre d’une diplomatie humanitaire active avec la promotion et le renforcement du respect du droit international humanitaire en renforçant la protection des personnels médicaux et humanitaires sur les théâtres de conflit ou en diffusant davantage, auprès des forces armées, les principes liés à ce droit ; la mise à disposition de moyens accrus, avec pour objectif de tripler le volume annuel de l’aide humanitaire d’ici 2022, au service d’une action humanitaire plus efficace et transparente ; une action humanitaire au service du traitement durable des crises.

Face à l’urgence

Aider le processus de reconstruction

La Mission pour la Stabilisation a été créée en 2014 pour renforcer le dispositif de réponse aux crises avec un accompagnement dédié à la sortie de crise, Le CDCS finance des projets et a la capacité de mobiliser rapidement des experts afin de soutenir les transitions politiques et d’aider les pays ayant traversé une crise à avancer dans le processus de reconstruction. A travers des actions à impact rapide, le Centre de Crise et de Soutien répond à un double objectif : accompagner le redéploiement de fonctions régaliennes des États concernés et permettre aux populations de retrouver des conditions de vie et d’existence les plus normales que possible.

Face à l’urgence

3 axes d’action de soutien en stabilisation

1/ Le rétablissement de la sécurité et des fonctions de base de l’Etat :
• Appuyer le déminage, le renforcement et la formation des forces de sécurité, et la réinsertion des anciens combattants
• Soutenir les processus électoraux dans les pays en sortie de crise
• Rétablir l’accès aux services sociaux de base (accès à l’énergie, eau, éducation, santé…)
• Soutenir les processus de justice transitionnelle et l’accès à la justice pour les citoyens

2/ Relancer l’économie locale et renforcer la société civile :
• Accompagner les processus de réconciliation (conflits communautaires, agro-pastoraux)
• Appuyer les acteurs des médias et les défenseurs des droits de l’Homme
• Contribuer à la relance de l’économie locale (activités génératrices de revenus, formation professionnelle, etc.)
• Accompagner la reprise du dialogue entre l’Etat et la société civile

3/ Poser les jalons d’un processus de reconstruction et de développement sur le long terme :
• Accompagner les processus de réforme de l’Etat (décentralisation, fonction publique, etc.)
• Redéployer l’institution judiciaire par la formation des magistrats et le renforcement de la chaîne pénale
• Relancer les finances publiques et la mobilisation des ressources domestiques
• Prévenir la radicalisation et lutter contre l’extrémisme violent