Vous avez l'expérience du suivi des situations liées au terrorisme, vous avez l'expérience du suivi administratif et humain

Janvier 2015, la France est touchée par une série d’attaques terroristes. Dans ces circonstances dramatiques, sur décision du Premier ministre, le Centre de Crise et de Soutien assure la prise en charge de l’accompagnement des familles des victimes de ces attentats. Habitués à gérer ces situations pour des Français touchés à l’étranger, les agents du CDCS ont su immédiatement apporter leur expérience à nos compatriotes frappés par les attaques terroristes.

Dans les mois qui ont suivi, une réflexion interministérielle a été menée pour structurer durablement la réponse pour ce type de crise sur le sol national. La capacité à répondre, à informer et à accompagner les familles de victimes ou les proches inquiets en était l’enjeu crucial. La réflexion a abouti par le texte instituant la création de la Cellule interministérielle d’aide aux victimes (CIAV) le 12 novembre 2015.

Cette structure, activée sur décision du Premier ministre, est dirigée par le directeur du Centre de Crise et de Soutien et localisée au Quai D’Orsay.
Sa mission est d’accompagner les familles et les victimes des attentats terroristes survenues sur le sol français, en coordonnant l’action de tous les ministères concernés, en lien avec les associations de victimes et d’aide aux victimes ainsi qu’avec le parquet.

Attentats de Paris et Nice

La CIAV, nouveau dispositif de suivi des victimes et de leurs familles

Par un hasard tragique, c’est dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015, dès le lendemain de sa création, que la CIAV a été pour la première fois activée pour faire face aux attaques d’une ampleur inédite qu’ont été les attentats de Saint-Denis et de Paris.

Dès la nouvelle des premiers évènements en cours dans Paris connue, les agents du CDCS se sont rendus spontanément au Quai d’Orsay et d’autres ont été appelés à la cellule interministérielle de crise située au ministère de l’Intérieur, place Beauvau. Au Centre de crise et de soutien, il a fallu s’organiser le plus rapidement possible pour mettre en place les mécanismes de ce nouvel outil qu’était la CIAV.

En quelques heures, tous les agents des trois autres ministères participants (Intérieur, Justice et Santé) sont arrivés également, l’effectif se trouvait rassemblé pour structurer la réponse. Finies les appartenances et traditions de travail spécifiques à chaque ministère, tous les agents présents ont immédiatement mis en commun leur expertise et ont fait preuve d’une très grande solidarité pour faire face aux épreuves que vivaient des centaines de personnes.

Dès le 14 novembre, un centre d’accueil des familles, dispositif prévu dans la CIAV, a été ouvert sur le site de l’École Militaire dans le 7ème arrondissement de Paris. Sur place, les équipes du CDCS étaient présentes aux côtés des services de police, de magistrats, de membres des cellules d’urgence médico-psychologique, du Samu, de bénévoles de la Croix-Rouge et d’associations d’aide aux victimes et de victimes. Au Quai d’Orsay, la réponse téléphonique était déjà organisée avec des agents des ministères appuyés par des bénévoles de la Croix-Rouge pour centraliser les appels des familles.

Jusqu’à l’hommage national le 27 novembre 2015, soit pendant plus de deux semaines, ce sont près de 150 personnes, agents de différents services de l’État et bénévoles qui étaient en permanence au CDCS, au centre d’accueil des familles et à l’institut médico-légal de Paris, se relayant 24h sur 24h pour être aux côtés des victimes et de leurs proches.

Quelques jours plus tard, le 20 novembre 2015, survient un autre événement tragique : l’attentat au Radisson Blu de Bamako. Les agents du centre de crise et de soutien géreront en parallèle cet événement dramatique en lien avec l’ambassade de France au Mali.

Après cette première activation de la CIAV dans un contexte d’urgence absolue, l’heure a été au retour d’expérience. Réfléchir sur le fonctionnement, les améliorations, anticiper des scénarios de crise et des réponses, notamment en province.

Attentats de Paris et Nice

Des équipes de la CIAV sur le terrain en quelques heures

Les préconisations des retours d’expérience ont malheureusement prouvé leur utilité. Dans la soirée du 14 juillet 2016, la CIAV est à nouveau activée pour l’attentat de Nice.

Pour venir en soutien de la préfecture des Alpes-Maritimes, la CIAV a dépêché immédiatement une « équipe projetée » sur les lieux tandis qu’une réponse téléphonique a été mise en place à Paris.

Dès 3 heures du matin, des membres du centre de crise et de soutien ainsi que des personnels du ministère de l’Intérieur et des magistrats ont rejoint Nice pour participer à l’ouverture du centre d’accueil des familles. Sur place, à leurs côtés, des équipes des unités médico-psychologiques, des équipes de la préfecture, des collectivités territoriales, de la ville de Nice, du département des Alpes-Maritimes, de la région PACA, des associations d’aide aux familles de victimes et de victimes ainsi que des experts du fonds de garantie étaient là pour les familles ayant des proches parmi les victimes. Une mobilisation de tous les instants.

Pendant près de trois semaines, les agents du centre de crise et de soutien resteront mobilisés au sein du centre d’accueil, à l’Institut médico-légal de Nice et au centre opérationnel départemental de la préfecture.